On arrive plus à dormir

Dans le Calvados, des riverains réclament l'arrêt des éoliennes
Depuis 12 ans, ils se battent contre le projet. Six mois après la mise en marche des éoliennes, implantées à Courvaudon et Bonnemaison (Calvados), des riverains dénoncent les nuisances sonores et réclament leur arrêt... au moins la nuit.
La Voix le Bocage 20/10/2016 à 10:05 par Audrey Chevallier

Elles tournent depuis avril… et gâchent leurs nuits voire une partie de leurs vies.
    « C’est un supplice chinois, c’est sans arrêt. »
Comme Marie-Christine Kusma, domiciliée à Courvaudon depuis 25 ans, une dizaine de riverains et le maire de Bonnemaison s’étaient réunis mercredi 12 octobre 2016 afin de faire entendre leur voix et dénoncer les nuisances sonores liées aux trois éoliennes, mises en route il y a 6 mois.
Ils réclament l’arrêt
    « Le bruit est si important qu’avec mon mari, on a été obligé de changer de chambre. On n’arrive plus à dormir, cela nous met dans un état de stress énorme », continue-t-elle approuvée par ses voisins.
Tous sont membres de l’association Vent de colère en Pré-Bocage, créée en novembre 2004 alors que le projet éolien sortait doucement de l’ombre.
- Des mesures acoustiques
Pendant des années, ils ont fait bloc ; aujourd’hui, ils réclament l’arrêt des éoliennes… au moins la nuit.
    « Il y a une obligation devant la préfecture de faire une mesure acoustique dès la mise en service du parc éolien », rappelle Michel Cherrier, président. Démarrées le 28 juillet, le résultat de ces mesures n’a toujours pas été délivré. « Les capteurs sont toujours en place. Ça traîne et nous n’aurons pas les résultats car l’acousticien ne peut les délivrer. C’est juste pour le promoteur et la préfecture. »

Si les résultats sont conformes à la loi (soit 5 décibels maximum au-dessus du bruit ambiant le jour, 3 la nuit), tous craignent le pire. « Si on n’est pas au-dessus, ça va être insupportable ! »
    « Pendant une semaine, on a eu des rafales de vent. Les infrasons passaient à travers mes tuiles, par le grenier. [...] Ils jouent avec le vent, en orientant de telle ou telle façon les pales pour améliorer les rendements, ce n’est pas la peine de rester dehors. C’est atroce », témoigne Thierry Vendange.

- Une situation « invivable »
    « On souffre », renchérit Marie-Christine Kusma.
    « Même sur la place de la mairie, quand les pales sont dirigées par ici, on les entend très très bien », confirme le maire de Bonnemaison, Pierre Salliot.
Fatigués et excédés, les riverains présents ce jour dénoncent une situation « invivable ». « Il faut que l’on réagisse rapidement », sait Michel Cherrier s’appuyant sur une enquête qu’il a récemment réalisée.
    « Nous avons interrogé les riverains du parc, sur les communes de Bonnemaison et Courvaudon, entre 500 et 800 m du parc. Soit environ une centaine d’habitations. »
Une majorité des interrogés estime les nuisances « insupportables » notant au passage des soucis de réceptions de la télévision et téléphonique.
Son questionnaire, beaucoup n’y ont pas prêté attention : « Il faut tenir compte dans ces résultats qu’un certain nombre de personnes également insatisfaites ne veulent pas l’ébruiter pour des raisons professionnelles ou relationnelles. Ils ne veulent pas faire d’histoires ».

- Une enquête ?
Selon eux, ce parc éolien leur a été imposé et met aujourd’hui leur santé en péril.
    « Au niveau de Bonnemaison, on a demandé une enquête mais le devis s’élève à 30 000 € », informe le maire, Pierre Salliot. Un second expert en acoustique propose des contrôles pour 8 000 à 15 000 €.     « J’essaie de défendre les habitants », insiste-t-il.

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