L'Union 23 septembre 2017 : impact des éoliennes sur la faune du Laonnois

Incroyable, les lobbyistes de l'éolien industriel sont capables de s'ériger en protecteurs de la nature. Et la presse est toujours prête à reprendre ce  beau discours sans broncher ! 


Voilà l’impact des éoliennes sur la faune locale dans le Laonnois
Alors que les éoliennes fleurissent dans le paysage, peu s’intéressent à leur impact sur la faune locale. Pourtant, il est réel et induit des compensations.
Le risque de collision entre les oiseaux et les éoliennes est faible, mais les éoliennes impliquent des détournements de migration et un dérangement possible en cas de nidification.
 
Le râle des genêts. C’est ainsi que se nomme le petit volatile qui a donné des sueurs  froides à Arnaud Michel. En charge de développer le parc éolien d’Anguilcourt-le-Sart, quelle ne fut sa surprise quand il a découvert par hasard qu’une quinzaine d’individus de cette espèce en voie d’extinction avaient décidé de nicher sur son site. Obligée de revoir sa copie, la société Enertrag a dû diminuer de moitié le nombre de turbines, passant de 11 à 6. Un sacré coup de frein qui n’a pas empêché ce projet de voir le jour puisqu’il a été inauguré. On le sait peu mais en matière d’éolien, l’impact sur la faune est pris en compte au même titre que le paysage avant de délivrer des autorisations.
À Anguilcourt-le-Sart,  Enertrag a réduit son parc de 11 à 6 éoliennes à cause du râle des genêts et dépensé plus de 100 000 euros
Premières victimes, les oiseaux et les chauves-souris. Bien que le risque de collision soit jugé faible, d’autres impacts existent (lire par ailleurs). C’est pourquoi des compensations sont – certes pas obligatoires – mais dans les faits toujours exigées des sociétés. « À partir du moment où on artificialise, il y a forcément un impact environnemental, affirme David Frimin, responsable de l’antenne axonaise du conservatoire d’espaces naturels de Picardie. La démarche pour le développeur est la suivante : éviter, réduire et compenser. Éviter de détruire, réduire au maximum les impacts et si des destructions résiduelles subsistent, il faut les compenser. »
Faible risque de collision pour les oiseaux et chauves-souris
À l’État de juger si les propositions de compensations sont suffisantes. Avant cela, les entreprises doivent réaliser une étude d’impact qui identifie les espèces présentes. « Une étude, c’est 20 à 30 000 euros, ça dure un an  », explique Arnaud Michel. Consciente que ce petit râle pouvait faire capoter un projet à plusieurs millions d’euros, Enertrag s’est tourné vers le conservatoire pour travailler à ces compensations. «  Nous, nous ne sommes ni contre ni pour les éoliennes, notre objectif est que les mesures compensatoires soient pertinentes et surtout durables  », lance M. Frimin. Et pour du durable, il a fallu que la société signe un chèque de plus de 100 000 euros.

Des études d’impact d’un an :
De quoi financer la fauche de 5 hectares de peupleraies afin de permettre à l’oiseau de nicher, lui qui n’est présent qu’en vallée angevine et en moyenne vallée de l’Oise. C’est d’ailleurs dans ce secteur que 3,5 hectares de prairies ont été acquises par le conservatoire grâce au financement éolien. Une étude acoustique sur le râle, l’acquisition de deux barres d’effarouchement pour tracteur et le dédommagement des agriculteurs qui ont dû décaler leur fauche pendant la nidification (400 € par hectare) ont également fait partie de la facture.
Même phénomène, à une quarantaine de kilomètres plus loin. Situé à Mâchecourt, Chivres-en-Laonnois et Bucy-lès-Pierrepont, le parc éolien de la Champagne picarde comptera 22 machines en fin d’année, ce qui en fait l’un des plus importants de la région. Sauf qu’il est situé près des marais de la Souche, une ancienne tourbière remarquable par sa flore et faune protégées. EDF Énergies nouvelles doit créer des  couloirs de haies pour permettre aux chauves-souris de pouvoir se rendre dans cet espace protégé. De la même manière, deux parcelles y seront défrichées aux frais du développeur pour permettre aux œdicnèmes criards et buzards Saint-Martin (sic)de s’y établir. Il s’agit de rapaces (sic) protégés dont la nidification est importante.
 Manessa TERRIEN

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