Eoliennes : des milliers de SIVENS ?

La volonté des politiques et des industriels d’installer à marche forcée des éoliennes  en France les conduit  de plus
Le développement de l’énergie éolienne  pose des problèmes imparfaitement  résolus. Qu’il s’agisse de la technique elle-même : gestion d’une énergie aléatoire et intermittente, transport  à partir de sites multipliés,  rentabilité mauvaise (que l’usager devra compenser), implantation de machines  en voie d’être dépassées techniquement. Ou qu’il s’agisse des dégâts « collatéraux » : bouleversement de sites, corruption.
Nous noterons que le Royaume-Uni a arrêté en décembre  2012 l’implantation d’éoliennes terrestres, et que le Danemark a déclaré un moratoire de deux ans.
De plus en plus de riverains  (dans le monde)  se plaignent de symptômes qu’ils attribuent à la proximité des éoliennes. Ces plaintes sont écartées par nos écologistes dogmatiques qui les reçoivent  comme insincères,  provoquées par  une opposition archaïque à la transition énergétique voire à toute évolution technique , ou bien sincères  certes, mais d’origine psychologique (donc sans importance ?). Ils  ne s’appuient sur aucune preuve scientifique car faute de volonté et de financement les études sont rares, à charge ou à décharge.
Nous connaissons bien le problème  du  sanitaire s’opposant  à l’économique. L’amiante, le sang  contaminé, le Médiator nous apprennent que  les faits ne finissent par s’imposer  qu’après prise de bénéfices pour les uns et effets ravageurs pour les autres.
En 2006 pourtant l’OMS a jugé prudent de
définir une distance minimale éolienne-habitation de 1500 mètres. Cette même distance a été retenue par l’Académie de Médecine en France. Pourtant le gouvernement Sarkozy-Fillon  a décidé que ce serait  500 mètres. Sur quelle base scientifique ce choix a-t-il  été fait ?  Essentiellement sur un rapport fourni par l’AFSSET (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail), saisine 2006/005, intitulé « impact sanitaire du bruit généré par les éoliennes ».
Quel crédit accorder à ce rapport ?
La méthode de travail a consisté à « interroger de nombreux professionnels du secteur éolien »  mais ceux-ci  ont redirigé la demande vers leur syndicat, le SER (Syndicat des Energies Renouvelables), chargé lui-même d’interroger les professionnels adhérents et de centraliser leurs réponses (peu nombreuses au demeurant). Ont été  fournies des mesures  concernant les longueurs d’ondes audibles (comme indiqué dans le titre du rapport), données « à titre d’exemple », sans valeur statistique et sans précision sur les conditions de mesure.
Le ressenti  des riverains figure peu   dans l’enquête. Recueilli via les DDASS, il a été essentiellement  ramené au nombre de plaintes. L’étude  des infrasons, par  définition inaudibles, n’a pas été développée  bien que leur  impact mérite une étude approfondie. Enfin dans la conclusion émise par notre agence de « Sécurité Sanitaire » on peut lire : « au vu de ces éléments, l’énoncé à titre permanent d’une distance minimale d’implantation de 1500 mètres vis-à-vis des habitations, même limitée à des éoliennes de plus de 2.5 MW, ne semble pas pertinent. Les avantages de la généralisation d’une telle distance, simple à mettre en œuvre, doivent être mis en balance avec le frein au développement qu’elle constitue ».
A l’occasion de la discussion sur la loi dite de transition énergétique nous avions donc adressé une lettre à Ségolène Royal  demandant que les 1500 mètres soient respectés ; il nous a été répondu que la lettre était transmise au directeur concerné …
Chaque président de groupe de l’Assemblée et du Sénat a reçu une lettre similaire demandant que la distance éoliennes-habitations ne soit pas inférieure à  1500 mètres et modulée en fonction de la hauteur des machines (passée de 70 à 180 mètres) et de leur puissance (passée de 2 à 8 MW). Aucune réponse ne nous est parvenue.
Nous savions que ni l’absence  de démocratie participative  lors de la discussion des projets,  ni la corruption liée au business éolien (cf  le rapport du Service Central de Prévention de la Corruption) ne gênent   nos élus,   nous savons maintenant que le risque sanitaire ne les gêne pas non plus.

en plus souvent à négliger les riverains, à limiter les informations, à favoriser les intérêts particuliers. La tragique affaire de Sivens n’a pas amené malheureusement de prise de conscience.

source :  http://blogs.mediapart.fr/blog/vents-poyaudins/110215/eoliennes-mille-petits-sivens

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